CoSpirit, l'indépendant militant sacré agence média 2026
Portrait de CoSpirit, agence média indépendante fondée en 1994, sacrée Agence Média Indépendante 2026 et première indépendante du new business en France.
Fin janvier 2026, au Lido, la cérémonie du Prix Agence Média de l'Année organisée par The Media Leader a consacré un acteur qui ne ressemble à aucun des grands réseaux : CoSpirit a remporté le prix « Agence Média Indépendante 2026 », et s'est imposée comme l'agence la plus primée de l'édition avec six distinctions au total. Deux ans après un premier sacre en 2024, l'indépendant confirme qu'il s'est installé durablement dans la cour des grands du marché français.
Trente ans d'indépendance revendiquée
L'histoire commence en 1994, quand Florian Grill, diplômé d'HEC, fonde l'agence avec Olivier Delavoye. Trois décennies plus tard, la structure — devenue CoSpirit Groupe en 2022 — revendique près de 250 collaborateurs répartis entre Lyon, Paris et Lille, et « un volume proche du milliard » selon son président. Membre fondateur de Local Planet, réseau international d'agences média indépendantes, le groupe a construit sa singularité sur un territoire longtemps délaissé par les grands réseaux : la communication locale et omnicanale, des médias nationaux au hors-média en passant par le retail media.
La gouvernance a elle aussi sa particularité. Florian Grill préside en parallèle la Fédération française de rugby depuis juin 2023 — il a été largement réélu en octobre 2024 —, tandis que la direction générale du groupe est assurée par Éric Boyer. Un attelage qui n'a pas empêché l'agence de signer l'une de ses meilleures années commerciales.
La preuve par le new business
Les chiffres du baromètre COMvergence portant sur les neuf premiers mois de 2025 donnent la mesure de la performance. Sur un marché français particulièrement actif — 148 compétitions représentant environ un milliard de dollars analysés —, CoSpirit Media se hisse à la troisième place du classement des agences, derrière Havas Media et Zenith, et décroche le titre officieux de première agence indépendante du pays : 70 millions de dollars de gains en incluant les rétentions, 56,1 millions nets, 15 nouveaux clients et surtout 14 rétentions, soit un taux de fidélisation de 100 %, l'un des plus élevés du marché.
La dynamique s'est prolongée sur le terrain des appels d'offres publics, un segment où l'agence excelle historiquement : CoSpirit Media a notamment remporté le budget de l'Établissement français du sang (conseil en stratégie média et achat d'espaces) ainsi que le conseil et l'achat média digital de la Métropole de Lyon pour deux ans. Le baromètre souligne d'ailleurs que la montée en puissance des indépendants — CoSpirit en tête, mais aussi Biggie, Heroiks, Line-Up Media ou Lift — n'est « plus anecdotique » et constitue désormais une composante structurante du marché, en particulier dans le retail, la tech et les collectivités locales.
« Agence média militante »
Le plus singulier chez CoSpirit reste son positionnement. À l'occasion de ses 30 ans, le 12 mars 2025, le groupe a réuni 200 personnes — clients, partenaires et équipes — lors d'une journée « Bonjour Demain » construite comme une mini-Convention des entreprises pour le climat. C'est là que l'agence s'est déclarée « agence média militante », promouvant une communication « utile dans les deux sens du terme » : efficace pour les annonceurs, contributive au bien commun.
Concrètement, ce militantisme se décline sur trois fronts assumés par ses dirigeants : la défense du média local, la réduction de la dépendance aux grandes plateformes publicitaires et la prise en compte de l'impact carbone des campagnes. Une ligne qui rejoint les préoccupations croissantes du marché sur la fragilisation des médias français, et qui sert aussi, il faut le dire, d'argument différenciant face aux réseaux mondiaux.
Ce que CoSpirit dit du marché
Le sacre de CoSpirit illustre une tendance de fond que nous suivons régulièrement dans ces colonnes : les agences média indépendantes ne se contentent plus de récupérer les budgets jugés trop petits pour les réseaux. Elles gagnent des compétitions majeures, fidélisent mieux que la moyenne et imposent leurs thèmes — proximité, transparence, responsabilité — dans les appels d'offres. Pour les annonceurs, notamment hors de Paris, l'alternative indépendante est devenue une option de premier plan, pas un choix par défaut.