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Tendances·2 septembre 2026·4 min de lecture

Streaming gratuit : la nouvelle bataille de la rentrée TV

RMC+ rejoint TF1+, M6+ et france.tv dans le streaming gratuit financé par la pub. Pourquoi la rentrée 2026 déplace la bataille TV vers les plateformes.

Streaming gratuit : la nouvelle bataille de la rentrée TV

Le 1er septembre, CMA Media a mis en ligne RMC+, sa plateforme de streaming gratuite. Un lancement de plus dans un paysage qui en compte déjà beaucoup — et c'est précisément ce qui le rend significatif : à la rentrée 2026, plus aucun grand groupe de télévision français n'aborde le marché publicitaire sans plateforme. Après TF1+, M6+ et france.tv, la bataille de l'audience vidéo ne se joue plus seulement sur les antennes, mais dans des applications qui empruntent autant aux codes de YouTube qu'à ceux de la télévision.

RMC+, dernier entrant d'un mouvement général

Successeur de RMC BFM Play, RMC+ regroupe sur une même interface les chaînes TNT du groupe — BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life —, une dizaine de chaînes thématiques dont une chaîne Brut, et environ 10 000 heures de programmes à la demande. Le tout gratuit, financé par la publicité.

Le catalogue dit la stratégie. À côté des piliers historiques — mécanique, histoire, découverte, sport, enquêtes criminelles —, la plateforme aligne des mini-séries verticales, des telenovelas et des contenus de créateurs comme Nota Bene ou Loury Lag. Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM, insiste : il ne s'agit plus d'un service de replay mais d'une vraie plateforme de streaming. Et Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment, assume une différenciation par les univers affinitaires plutôt qu'une confrontation frontale avec les généralistes. Autrement dit : RMC+ ne cherche pas à être un petit TF1+, mais à occuper des niches profondes où le groupe est légitime.

Le linéaire paie encore l'essentiel de la facture

Pourquoi cette accélération collective ? Parce que la valeur se déplace, et vite. Chez RMC BFM, la télévision linéaire pèse encore 93 % des revenus publicitaires, contre 6 % pour l'ex-RMC BFM Play et 1 % pour les réseaux sociaux. Tout l'enjeu du lancement est de faire grossir ce deuxième chiffre avant que le premier ne s'érode.

Les comptes 2025 des deux grands groupes privés montrent le ciseau à l'œuvre. Chez TF1, les recettes publicitaires ont reculé de 4,3 % à 1,574 milliard d'euros, pendant que TF1+ progressait de 35,8 % à 198 millions. Chez M6, la publicité vidéo a cédé 3,1 % à 884 millions, quand M6+ gagnait 27 % à 126,3 millions. Le streaming croît à deux chiffres mais ne compense pas encore le linéaire — d'où la course au volume et à la valeur : TF1 a affiché l'ambition de porter son CPM streaming de 13,50 à 15 euros. Pour les annonceurs, le message est clair : l'inventaire vidéo premium se multiplie, mais il se vendra plus cher que l'écran classique, ciblage et données de connexion à l'appui.

La télévision adopte les codes du social

Le plus frappant dans cette rentrée n'est pas la multiplication des plateformes, c'est leur physionomie. Formats verticaux pensés pour le mobile, créateurs issus de YouTube, chaîne Brut intégrée : la frontière entre télévision et social se dissout des deux côtés. CMA Media a d'ailleurs noué un partenariat avec YouTube début 2026, lancé sa structure de production CMA Studio et annoncé un studio dédié aux créateurs, CMA Creator, d'ici la fin de l'année. La télévision va chercher les usages là où ils sont, quitte à produire des contenus qui n'ont plus rien de télévisuel.

Cette hybridation a une conséquence directe pour le marché : la comparabilité devient le nerf de la guerre. C'est tout le sens de Watch, la mesure d'audience vidéo unifiée lancée par Médiamétrie fin octobre 2025, qui met chaînes et plateformes — YouTube, Netflix, Disney+ ou Twitch — dans le même référentiel, avec un calendrier annoncé d'extension en 2026. Quand la mesure est commune, les arbitrages budgétaires le deviennent aussi : un plan vidéo se construit désormais en additionnant linéaire, streaming des broadcasters et plateformes mondiales, au lieu de les opposer.

En résumé

La rentrée 2026 acte un basculement : le streaming gratuit n'est plus le laboratoire des groupes TV, c'est leur terrain de bataille principal, celui où se joue la croissance publicitaire. Pour les annonceurs, l'équation se complexifie — inventaires plus nombreux, CPM plus élevés, formats verticaux à produire, mesure en cours d'unification. Arbitrer entre reach linéaire et ciblage des plateformes devient un vrai métier de plan média. Pour trouver le partenaire capable de construire cette vidéo totale, notre annuaire des agences référence les spécialistes du secteur, à commencer par les agences média.