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Focus·24 juillet 2026·4 min de lecture

Havas au S1 2026 : le groupe tient, la France se replie

Croissance organique de +2,5 %, marge en hausse… mais une France en léger repli au deuxième trimestre. Ce que le semestre de Havas dit du marché.

Havas au S1 2026 : le groupe tient, la France se replie

Havas a publié le 23 juillet ses résultats du premier semestre 2026. Sur le papier, la copie est solide : 1 362 millions d'euros de revenu net, une croissance organique de +2,5 %, une marge opérationnelle en progression et des objectifs annuels confirmés. Mais à y regarder de plus près, le semestre du groupe présidé par Yannick Bolloré raconte aussi autre chose : une France passée en territoire légèrement négatif au deuxième trimestre, et une croissance qui se fabrique de plus en plus loin de Paris.

Un semestre dans les clous

Le revenu net atteint 1 362 millions d'euros au premier semestre, en hausse de +2,5 % en organique — un rythme légèrement supérieur à celui d'il y a un an (+2,3 %) et pile au milieu de la fourchette d'objectifs annuels (+2 % à +3 %). Le deuxième trimestre ressort à 724 millions d'euros, en croissance totale de +3,8 %, dopé par un effet périmètre de +2,5 % et un effet de change moins pénalisant qu'en début d'année.

Côté rentabilité, l'EBIT ajusté progresse de 4,2 % à 150 millions d'euros, soit une marge de 11,0 % (+30 points de base), et le résultat net part du groupe bondit de +13,5 % à 84 millions. Les effectifs restent quasi stables, à 22 960 personnes fin juin. L'activité se répartit entre Havas Creative (42 % du revenu net), Havas Media (38 %) et Havas Health (20 %). Le groupe confirme sa guidance 2026 comme sa cible de marge 2028 (14 % à 15 %). L'accueil boursier est néanmoins resté prudent, le titre s'inscrivant en léger repli après la publication.

L'Europe cale, la France bascule

L'Europe, qui pèse la moitié du revenu net, n'a progressé que de +0,3 % en organique au deuxième trimestre, contre +2,6 % un an plus tôt. Surtout, le communiqué précise que la France et le Royaume-Uni ont été « légèrement négatifs » en organique, quand l'Allemagne, l'Italie, le Portugal, la Pologne, les Pays-Bas et la Suède se montrent plus dynamiques, en création comme en média. Le contraste est net avec le premier trimestre, où la France affichait encore une bonne performance, portée par Havas Media et des gains de budgets récents.

Le moteur, lui, est américain : +6,9 % de croissance organique au premier semestre en Amérique du Nord (35 % du revenu net), malgré un accroc chez Havas Health lié à des molécules dont le développement a été arrêté après les essais de phase III. L'Amérique latine progresse de +4,0 % sur six mois, tandis que la zone APAC-Afrique recule de -4,8 %, pénalisée par la Chine et le Moyen-Orient.

Après Publicis, qui a décrit la semaine dernière une France au ralenti sur son propre premier semestre, c'est le deuxième signal en quelques jours : le marché publicitaire français tourne au régime réduit en 2026, y compris pour ses champions nationaux.

Huit acquisitions en sept mois, dont une en France

L'autre lecture du semestre est stratégique. Depuis janvier, Havas a pris huit participations majoritaires : Acento Public Affairs, Ctrl Digital, Styleheads et Eyesight au premier trimestre ; Format, Archrival et MUT au deuxième ; SportVibes début juillet. Trois axes revendiqués : le sport marketing (l'américain Archrival et le néerlandais SportVibes, tous deux versés à Havas Play), l'événementiel (l'espagnol MUT) et l'influence corporate.

C'est sur ce dernier terrain que la France est concernée : Format, agence indépendante spécialisée en relations médias, social media et contenus, rejoint Havas Paris et renforce le réseau de conseil H/Advisors. Un rappel utile : la consolidation du secteur se nourrit d'abord des indépendants — y compris français. S'y ajoutent 43 millions d'euros décaissés en M&A sur le semestre, une montée à 2,07 % du capital de Louis Hachette Group et 19 millions investis dans Vurvey Labs, scale-up d'« intelligence agentique ». La coentreprise Horizon Global, montée avec l'américain Horizon Media, revendique de son côté ses premiers gains commerciaux multi-marchés.

Ce que ce semestre dit du marché

Pour les agences françaises, la lecture est double. D'un côté, un marché domestique mou, confirmé coup sur coup par les deux grands groupes tricolores. De l'autre, des groupes qui vont chercher la croissance ailleurs : géographiquement, en Amérique du Nord, et par acquisitions ciblées sur le sport, l'événementiel et l'influence — trois segments où les indépendants français sont nombreux, et désormais courtisés. La mollesse du marché n'interdit donc pas les mouvements, ni pour les vendeurs ni pour ceux qui gagnent des budgets. Pour explorer les acteurs du secteur, notre annuaire recense les agences média et les agences parisiennes, où se joue l'essentiel de cette consolidation.

Sources