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Focus·11 août 2026·4 min de lecture

Kindai, l'agence social media qui séduit la grande conso

Pringles, Ikea, Kiabi, Ferrero : portrait de Kindai, agence social media de 40 personnes qui a doublé de taille en deux ans dans un marché qui souffre.

Kindai, l'agence social media qui séduit la grande conso

Fin janvier 2026, Stratégies révélait que Pringles confiait son budget social media à Kindai, sans même passer par la case appel d'offres. La marque de chips sera accompagnée sur les plateformes sociales, notamment autour du gaming et du football. Pour une agence de 40 salariés, décrocher un annonceur mondial de cette envergure en gré à gré n'est pas un fait divers : c'est le symptôme d'une trajectoire qui détonne dans un marché publicitaire français en berne.

Une croissance à rebours du marché

Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Kindai est passée de 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023 à 5,5 millions en 2025, et vise plus de 6 millions en 2026. « Nous avons fait 120 % de progression en deux ans dans un marché qui souffre », résume son CEO Nicolas Lanter dans les colonnes de Stratégies. Le gain de Pringles s'inscrit dans une série entamée courant 2025 : Ferrero France, client historique dont l'agence orchestre désormais l'essentiel du portefeuille de marques — Kinder, Kinder Bueno, Tic Tac —, mais aussi Ikea France, gagné à l'issue d'un appel d'offres pour piloter sa stratégie social media et influence sur Meta, TikTok, Pinterest et YouTube, ou encore Kiabi.

Le contexte joue en sa faveur : l'influence et le social media restent des marchés porteurs, une tendance de fond que la hausse des tarifs publicitaires en télévision aurait encore accélérée en 2025, selon Stratégies. Mais la conjoncture n'explique pas tout.

La fidélité érigée en argument commercial

Dans un secteur où les annonceurs remettent leurs budgets en compétition à un rythme soutenu, Kindai a fait de la durée un élément de pitch : sept ans de collaboration avec Innocent, six ans avec SNCF Connect, cinq ans avec le groupe Bel. L'agence revendique aussi un positionnement hybride : « Nous sommes une agence à taille humaine, avec derrière la puissance et la force de frappe d'un groupe », défend Nicolas Lanter, qui observe « chez les gros annonceurs la volonté de retrouver une relation plus humaine avec les agences ».

Ce discours n'est pas isolé : il rejoint ce que racontent nombre d'agences indépendantes et structures moyennes qui, face aux grands réseaux, jouent la carte de l'accès direct aux équipes seniors et de la stabilité des interlocuteurs.

Dans le giron d'Orès Collective

Créée en 2013 par Nicolas Lanter et Aurélien Fouache, Kindai n'est pas indépendante au sens strict : elle a été rachetée par l'agence Orès et évolue aujourd'hui au sein d'Orès Collective, membre du groupe European Digital Group (EDG). Un adossement qui lui donne un double ancrage, dans le nord de la France avec Orès et à Paris — un atout revendiqué pour convaincre Kiabi, enseigne du groupe Mulliez, comme pour rassurer les grands comptes de la distribution et de la grande consommation.

D'abord centrée sur la grande conso, l'agence a progressivement élargi ses expertises sectorielles : la banque avec American Express, l'e-commerce avec eBay, le divertissement avec Pathé. Côté outils, elle dit être « montée dans le train » de l'IA en 2025, qu'elle utilise autant pour accélérer ses process que pour produire des contenus créatifs.

Ce que ce parcours dit du marché

Le cas Kindai illustre une recomposition plus large du paysage : les budgets social media et influence se structurent, quittent le champ du test-and-learn et se traitent désormais comme des comptes stratégiques, avec des compétitions formelles — ou des attributions directes fondées sur la réputation. Il montre aussi que la taille critique ne passe plus forcément par la croissance interne : l'adossement à un collectif comme Orès permet à une structure de 40 personnes de répondre à des annonceurs internationaux sans renoncer à son format d'origine.

En 2026, l'agence recrute — profils créatifs orientés IA, conseils en influence et social media — et se dit identifiée sur plusieurs gros appels d'offres. Une chose est sûre : dans un marché qui doute, les agences de taille moyenne qui alignent expertise pointue et relation de proximité n'ont jamais semblé aussi bien armées. Les annonceurs qui cherchent ce type de partenaire à Paris et au-delà ont l'embarras du choix.

Sources