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Focus·13 août 2026·3 min de lecture

Cosmo5, l'ex-Labelium : l'indépendant français devenu mondial

Fondé en 2001 à Paris, Labelium est devenu Cosmo5 : 23 entités, 1 300 collaborateurs, 18 pays, 150 M€ de CA et près de 2 Md€ de budgets gérés. Portrait.

Cosmo5, l'ex-Labelium : l'indépendant français devenu mondial

Pendant près de vingt-cinq ans, Labelium a grandi loin des projecteurs du marché publicitaire français. Pas de méga-pitchs médiatisés, pas de tour de table spectaculaire : une croissance méthodique, bureau après bureau, acquisition après acquisition. En octobre 2025, le groupe fondé par Stéphane Levy a finalement changé de nom pour devenir Cosmo5. Derrière ce rebranding, une réalité que peu d'observateurs mesurent : un indépendant né à Paris qui aligne 23 entités, plus de 1 300 collaborateurs dans 18 pays, 150 millions d'euros de chiffre d'affaires et près de 2 milliards d'euros de budgets clients gérés chaque année.

Du search parisien à la plateforme mondiale

L'histoire commence en 2001. Stéphane Levy fonde Labelium sur un métier alors naissant : le référencement et la performance digitale. Le groupe s'internationalise tôt et méthodiquement. En 2021, quand le fonds britannique Charterhouse Capital Partners rachète la majorité du capital à Qualium Investissement, Labelium compte déjà plus de 500 professionnels répartis dans 20 bureaux et 14 pays. Quatre ans plus tard, l'effectif a plus que doublé et le périmètre s'est élargi bien au-delà du search : média, commerce digital, création, data et technologie.

Cette expansion s'est nourrie d'acquisitions et de créations ciblées : l'agence data Arcane, le spécialiste britannique du social 1000heads, les agences tigrz et M13H, Footsprint sur la mesure carbone, ou encore 7Kids, l'agence média co-fondée par Thomas Jamet. Dix-sept de ces entités opèrent en France.

Pourquoi changer de nom

Le rebranding répond à un problème classique des groupes construits par build-up : l'agence historique et la holding portaient le même nom, entretenant la confusion. « Avec Cosmo5, notre objectif est de rendre l'offre plus claire et lisible : les collaborations peuvent se faire directement avec nos marques expertes ou de manière intégrée via la marque groupe », explique Nathalie Taboch, CEO France du groupe depuis mars 2025. Le « 5 » du nouveau nom renvoie aux cinq expertises revendiquées : Media, Commerce, Création, Data et Technologie.

Le fondateur, lui, théorise le virage du marché à l'heure de l'IA : « Nous sommes passés d'un modèle B2C à un modèle B2A-to-C, où le premier contact n'est plus avec le consommateur mais avec un algorithme », résume Stéphane Levy. Le groupe promet une croissance maîtrisée de 10 à 15 % par an, combinant développement interne et acquisitions ciblées.

La France, terrain d'application

Sur le marché français, la mécanique de marques expertes se voit déjà dans les gains récents. Jacadi a confié sa stratégie média on et offline (hors SEA) au tandem tigrz-7Kids ; Sector Alarm a chargé 7Kids, avec L'Intrus, d'une campagne d'influence pour soutenir le recrutement de 1 000 commerciaux en 2026. Le groupe met aussi en avant son positionnement RSE : trajectoire Net Zéro validée par le SBTi, classement dans le top 2 % de son secteur par Ecovadis, et une entité dédiée, Footsprint, qui outille la mesure et la réduction de l'empreinte carbone des campagnes.

Ce que Cosmo5 dit du marché

Le cas Cosmo5 documente une troisième voie entre les réseaux mondiaux et les indépendants locaux : celle de l'indépendant français mondialisé, adossé à un fonds mais hors des grands groupes de communication. Il illustre aussi un déplacement du centre de gravité du métier : le groupe ne vient ni de l'achat d'espace ni de la création, mais de la performance digitale — et c'est depuis cette base qu'il a reconstruit une offre média complète, jusqu'à créer sa propre agence média.

Pour les annonceurs, ce profil hybride élargit le champ des possibles au moment de choisir un partenaire. Notre annuaire des agences médias recense les acteurs de ce marché, des réseaux internationaux aux indépendants, à Paris comme en région.

Sources