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Focus·24 octobre 2026·7 min de lecture

PumpUp : l'indépendant de l'acquisition sort du silo performance

PumpUp, agence indépendante de plus de 50 experts à Paris, Lille, Rouen et Grenoble, abandonne l'acquisition en silo pour un modèle Brand, Data et Media. Focus.

Par la rédaction d'adgencia

PumpUp : l'indépendant de l'acquisition sort du silo performance

Quand Google PMax et Meta Advantage+ choisissent les enchères, les audiences et les emplacements, que reste-t-il à vendre à une agence qui a bâti son métier sur l'achat de trafic ? PumpUp, agence indépendante de performance marketing née en région, a tranché le 22 octobre : elle abandonne « l'acquisition en silo » pour un modèle réunissant Brand, Data et Media, révélé par The Media Leader. Plus de 50 experts, quatre agences, une nouvelle plateforme de marque et un nouveau site. Focus sur un indépendant de taille moyenne qui réécrit son offre parce que les plateformes ont automatisé ce qu'il facturait.

Un réseau d'agences locales construit depuis Grenoble

PumpUp ne vient ni de la création ni du média. Son site se présente comme une « agence conseil en performance marketing » et revendique « plus de 300 marques accompagnées par nos 4 agences », implantées à Paris, Roubaix pour Lille, Rouen et Grenoble, ces deux dernières hébergées dans des Village by CA. Le groupe a été fondé par Denis Huertas, passé par la presse quotidienne régionale (Le Progrès, Le Dauphiné Libéré, Paris-Normandie, selon la page qui présente l'équipe), et son fils Eric, aujourd'hui CEO. « PumpUp est née de la rencontre de deux générations et de deux expériences », résume la page « Notre vision ». Le site affiche 2010 comme année de création ; The Media Leader parle d'une agence « spécialiste de l'acquisition digitale depuis 15 ans », et La Gazette Normandie écrivait en 2024 « fondé en 2013 à Grenoble ». Les sources ne concordent pas sur la date, elles concordent sur l'origine grenobloise.

Le développement s'est fait par le maillage territorial, à la manière d'un réseau d'agences de proximité plutôt que d'une agence parisienne avec des antennes. En février 2024, La Gazette Normandie annonçait l'acquisition de Powertrafic, « pépite rouennaise » de SEO et de marketing digital fondée par Henri Offroy et dirigée avec Pierre Enard, après l'ouverture « de deux agences à Bordeaux et à Rouen en 2023 ». PumpUp se décrivait alors comme le « premier réseau national d'agences digitales local », avec cinq sites : Paris, Grenoble, Roubaix, Rouen et Bordeaux. La fiche du cabinet Outmatch, qui a conseillé l'opération, parle de « sa première acquisition de croissance externe » et d'un groupe de « 5 agences, plus de 60 experts et 450 clients ». Deux ans plus tard, Bordeaux n'apparaît plus sur le site, qui compte quatre agences et « +50 » collaborateurs. Pierre Enard dirige l'agence de Normandie « née de l'intégration de Powertrafic au groupe PumpUp en 2024 » ; la page de Rouen revendique les labels Google Premier Partner et Google Partner Digital Champion, et le fait d'être parmi « les 3 % d'agences les mieux notées par Google en France ».

Les clients cités sur le site donnent la mesure du positionnement : Honda, Coface, AFNOR, Europ Assistance, Jungheinrich, le LOSC, l'Alpe d'Huez, Autosur, et des études de cas sur des réseaux de points de vente comme Alliance Piscines ou les centres de contrôle technique de TÜV DCTA. Des PME, des ETI et des réseaux, souvent en région, rarement les grands comptes que se disputent les réseaux mondiaux. C'est le même terrain que CoSpirit ou MV Group occupent côté média : la croissance par le local.

Neuf mois pour changer de modèle

Le changement annoncé le 22 octobre est, selon The Media Leader, « l'aboutissement de neuf mois de transformation interne » menée par Eric Huertas et Catherine Titi, directrice commerciale et marketing du groupe, arrivée après des passages chez Microsoft Advertising et LinkedIn Marketing Solutions et six ans à la tête de sa propre agence conseil B2B. L'objectif affiché est de ne plus gérer « de simples volumes de trafic », mais d'agir « comme une extension stratégique des directions marketing pour protéger leurs marges ». L'agence veut devenir le « Sparring Partner » des directions marketing, formule qui porte la nouvelle plateforme de marque.

Le diagnostic est posé sans détour par le CEO : l'IA, avec PMax côté Google et Advantage+ côté Meta, automatise une part croissante de l'exécution publicitaire. « Mais à mesure qu'elle accélère l'exécution, la valeur du conseil réside davantage dans notre capacité à relier les différentes expertises aux résultats business de nos clients », explique Eric Huertas, cité par The Media Leader. D'où les trois piliers du modèle : une création « conçue pour la conversion algorithmique afin d'orienter les IA », des données propriétaires « pour transmettre aux plateformes les bons signaux d'achat », et le pilotage stratégique des budgets média. Catherine Titi en tire la conséquence sur le vieux débat du secteur : « Aujourd'hui, opposer la construction de la marque et la performance à court terme est un non-sens économique ».

Ce que PumpUp décrit, c'est la bascule de l'acheteur de mots-clés vers le fournisseur de signaux. Dans un monde où la plateforme optimise seule, les deux leviers qui restent à la main de l'agence sont ce qu'elle donne à l'algorithme en entrée, les créations et les données de conversion, et la façon dont elle répartit l'argent entre les plateformes. La présentation du nouveau positionnement se fait auprès des clients lors d'événements organisés dans les agences de Paris, Lille et Rouen, précise The Media Leader.

Ce que ce virage dit des agences de performance

Le cas PumpUp mérite l'attention parce qu'il n'est pas isolé, et parce qu'il part du bas du marché. Les grands réseaux ont déjà fait ce chemin par le haut : nous avons vu Publicis vendre de la donnée et de la technologie plus que de l'achat, et les régies en self-service grignoter la couche d'exécution. Pour une agence de 50 personnes dont le métier historique est le search et le social ads, la question est plus brutale : quand l'annonceur peut lancer une campagne PMax lui-même et que la plateforme en pilote les enchères, le traffic manager facturé à l'heure n'a plus de marché. La réponse de PumpUp consiste à remonter d'un cran, vers la stratégie et la création, et à faire de la donnée propriétaire du client l'actif qu'elle administre.

Les angles morts sont ceux de tout repositionnement annoncé par communiqué. The Media Leader ne donne ni chiffre d'affaires, ni budgets gérés, ni client nommé pour la nouvelle offre ; le site de l'agence non plus. Le passage de cinq agences et « plus de 60 experts » en 2024 à quatre agences et « plus de 50 » aujourd'hui n'est pas commenté. Et la création « conçue pour orienter les IA » reste à démontrer pour une structure qui, à la différence de Buzzman ou d'Australie.GAD, n'est pas née créative : il faudra des équipes ou des partenaires. Reste que la décision est cohérente avec ce que mesurent les études que nous suivons : 3 % des annonceurs concentrent l'essentiel du digital, et pour les 97 % restants, les PME et ETI qui forment la clientèle de PumpUp, l'intérêt d'une agence tient de moins en moins à l'exécution et de plus en plus à la lecture des résultats.

En résumé

PumpUp, agence indépendante de performance marketing fondée à Grenoble par Denis et Eric Huertas, plus de 50 experts répartis entre Paris, Roubaix, Rouen et Grenoble, abandonne l'acquisition en silo pour un modèle Brand, Data et Media, après neuf mois de transformation interne et deux ans après le rachat du rouennais Powertrafic. Le raisonnement est clair : puisque PMax et Advantage+ automatisent l'exécution, l'agence vend désormais ce que l'algorithme ne produit pas, les créations, les signaux de données et l'arbitrage des budgets. Les chiffres qui permettront de juger la réussite du virage manquent encore. Pour comparer les agences digital, data et SEO-SEA à Paris, Lille et dans les autres villes, notre annuaire des agences permet de filtrer par métier et par implantation.

Sources